Yosemite Park et réflexions sibyllines (de cheval)...
Deux jours loin de la folie de l'Internet. Cela ne m'était pas arrivé depuis Août 2007. Presque un an sans vacances. Alors ces deux jours à Yosemite Park ont juste été ex-tra-or-di-naires. Coupé du monde, même pas le telephone. Au milieu d'un paysage de carte postale, entre ruée vers l'or, forêts gorgées d'ours, acacias géants et rivières gelées. Mes enfants ont gouté de leurs petits pieds les roches fraiches non loin des cascades, près du glacier ou des façades abruptes.
Sans mon "excroissance" (c'est ainsi que la mère Lachaise appelle mon BlackBerry), je me suis senti léger. L'impression délicieuse d'être Charles Ingalls allant chercher du lait au village. Respirant l'air de la conquête de l'ouest, imaginant les pionniers creusant dans la boue, cherchant les promesses d'une richesse en or, noyant leur tami vide dans l'acool, à la belle étoile, épiant le bruit des animaux sauvages ou des braconiers, le pistolet non loin. J'ai meme arrêté de penser à moi, simplement tourné vers la beauté du monde (mais ne croyant pas en un Dieu créateur pour autant faut pas s'enerver). Quand le geai bleu est venu manger le cracker que je lui tendais, je me suis dit que la terre avait rejoint le ciel dans un moment de grâce parfait (non c'est pas vrai je me suis dit que même les geais bleus étaient shootés au tourisme de masse, ainsi que les écureuils et les aigles. J'ai aussi pensé aux dauphins mais sans raison spéciale). La beauté pure, donc, et la sensation que le vrai monde est tout de même très joli. Je sais, ce n'est pas d'une puissance extrême mais ce retour aux sources progressif a fait l'effet d'une piqure de rappel. Houhouououou, leve la tête l'ami, c'est joli les arbres.
Quand tu travailles dans l'Internet, ton regard est monomaniacocentré sur un écran pendant des heures. L'information que tu reçois est déjà filtrée, elle a été vécue et respirée ailleurs. Tu deviens la somme de ces informations mais tu ne vois rien, ne sens rien, ne touche rien. Alors bien sûr je me suis fait la promesse de ne pas oublier ce moment, comme lorsqu'on prend les coordonnées d'un nouvel ami à la fin des vacances. Personne n'y croit mais on ne sait jamais... Ne pas oublier l'odeur de la prairie, la couleur des montagnes et le vol du geai bleu, meme gavé aux crackers.







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